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Marcel Prévost, premier président du jury du jasmin d’Argent.

Marcel Prévost est né à Paris en 1802. Son père était sous-directeur des Contributions indirectes. Après de bonnes études. il fut reçu à l'école polytechnique. Il en sortit dans un bon rang et put ainsi choisir sa carrière. Il opta pour l'administration des tabacs. C'est ainsi qu'il fut nommé ingénieur à Tonneins. En 1890, il démissionna pour se consacrer à la littérature. Il avait déjà publié « Le Scorpion », « Chonchette » et « Mademoiselle Jauffre ». « La confession d'un amant » suivit. Prévost travaille sans arrêt. Nous citerons parmi ses ouvrages : « Cousine Laura »,
« L'Automne d'une femme », « Les Demi-Vierges », « Jardin secret », « L'heureux ménage », « Lettres de femmes, « Les Vierges fortes », et bien d'autres. Certains livres ont des titres croustillants, aussi d'aucuns lui reprochent des détails scabreux.

De fait, il semble que Prévost élargit ses sujets de romans. Il écrivit « L'Accordeur aveugle », « L'Adjudant Benoît », « Mon cher Tommy », « Marie des Angoisses », « Fébronie », « Monsieur et Madame Moloch ».

Enfin, l'académicien Prévost fit du journalisme. Il y avait, à cette époque, à Paris, un journal dont le titre était Fémina ; Marcel Prévost y donna, chaque mois, un éditorial.

Entre-temps, bien que Parisien né à Paris, Prévost revient en Lot- et-Garonne, pour y acheter le château de la Roche, sis dans la commune de Vianne, sur un coteau en bordure de la Baïse.

Venons-en au Jasmin d'Argent. Ce tournoi poétique fut fondé en 1920 par Jacques Amblard qui était avocat au barreau d'Agen.

Marcel Prévost, toujours intéressé par les initiatives nouvelles, voulut bien accorder l'appui considérable de son autorité incontestée dans le monde des lettres et parmi les acteurs et autres personnages fréquentant le théâtre. Il accepta la présidence du jury des poèmes écrits en français. Voici comment se déroula cette première séance du Jasmin d'Argent qui eut un gros succès. C'était le samedi 7 juin 1921, au théâtre d'Agen dans l'après-midi. On étouffe dans le théâtre. Cela prouve que l'on a toujours aimé la poésie et les poètes dans la ville d'Agen.

Sur la scène, assis comme des conseillers municipaux, il y avait les maîtres de la pensée française. Jacques Amblard parla le premier. Amblard a le nez long, la parole facile, les cheveux rejetés en arrière. Son allocution fut légère, précise et brève. On n'y voit point d'étalage d'accablante érudition, mais au contraire la preuve d'une intelligence lucide.

Marcel Prévost tint son emploi de grande vedette. Il écrivit un discours sobre pour ne pas éclabousser ses partenaires. Il eut jusqu'au bout l'énergie de jouer le rôle qui lui était assigné, monocle intermittent à l'œil droit, sourire de gala, éloges de rigueur et ce geste de suprême élégance, l'index collé au pouce comme s'il tenait dans ses doigts une précieuse pincée de tabac.

Maintenant, il nous faut indiquer quel fut l'heureux gagnant de ce premier Jasmin d'Argent. Ce fut Fabien Terrail. Sa poésie couronnée avait pour titre : Pastorale. Nous allons en donner les premiers vers :

J'attire lentement afin qu'elle te frôle
La branche qui fléchit sous ses lourds fruits vermeils,
Butine, abeille d'or, l'essence des soleils... »

Et le Jasmin d'Argent continua. On demanda à Fabien Terrail, le lauréat que nous venons de citer de faire partie du jury. Il accepta.

Marcel Prévost resta fidèle à son poste de président du jury de langue française. Pour les séances solennelles il ne manquait pas d'amener à Agen des académiciens. Il amena même en 1924 une académicienne, c'était la comtesse de Noailles qui faisait partie de l'Académie de Belgique.
La mort le surprit en avril 1941. Ses funérailles religieuses eurent lieu dans l'église de Vianne au milieu d'une nombreuse assistance dont Jacques Bordeneuve qui fut ministre en 1944.

Malgré ces décès, le Jasmin d'Argent se poursuivit. Actuellement la présidence en est assurée par M. Jacques Bordeneuve qui f fut ministre des Beaux Arts.