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Un médecin gascon à la cour de Louis XV.

C'est une bien curieuse histoire que celle de joseph Raulin. Ce personnage était né le 12 mars 1708, en pleine Gascogne, à Aiguetinte, dans les environs d'Auch. Après avoir fait des études médicales à Bordeaux, il vint s'installer à Nérac pour y exercer la médecine. Il y déploya beaucoup de talent et de savoir dans les soins qu’il donnait àses malades. Aussi il acquit rapidement une grande réputation.

Par la suite, il chercha à acquérir une situation plus importante. Sur le conseil et la recommandation de Montesquieu, qu'il avait connu pendant son séjour à Bordeaux, il se rendit à Paris.

On était alors presque à la moitié du XVIII' siècle. Le roi était Louis XV. Voici ce qu'écrivit sur Raulin, un de ses contemporains : « Physicien éclairé, savant médecin, bon citoyen, il ne tarda pas à se faire connaître à Paris ». On peut ajouter que praticien habile, il était appelé dans lescas graves.

Avec cela, les honneurs ne tardèrent pas à lui être attribués. En 1757, il est nommé médecin du roi. La faveur dont il jouissait à la cour lui fit obtenir pour son fils la survivance de sa charge.

Un certain temps après. en 1767, Il fut nommé censeur royal pour la section d'histoire naturelle, médecine et chimie.

En 1772, à la création de la Commission royale de médecine, Il est nommé membre de cette commission qui le choisit pour commissaire délégué spécialement à l'étude des eaux minérales. Cette distinction, dont il est l'objet de la part de ses collègues, le désignait au choix du gouvernement pour l'une des places d'inspecteur général des eaux minérales, qui lui fut en effet attribuée.

Entre-temps, de nombreuses sociétés savantes l'avaient admis dans leur sein. C'est ainsi qu'il fut membre de la Société royale de Londres, des Académies royales des Sciences et Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux, de Rouen, de Chalons-sur-Marne, des Arcades de Rome, agrégé honoraire au Collège royal de médecine de Nancy.

Mais revenons au commissariat aux Eaux Minérales, Poste qu'occupait Raulin. Certains lecteurs seront peut-être surpris que sous l'Ancien Régime il y eut une si stricte surveillance et une réglementation si poussée des eaux minérales.

Raulin nous a laissé trois ouvrages sur les Eaux Minérales. En voici les titres : Traité analytique des Eaux Minérales (1774), Exposition succincte des principes et des propriétés des Eaux Minérales (1775). Parallèle avec les eaux minérales d'Allemagne (1777).

Ces ouvrages sont écrits dans un style aussi 'clair que concis.

Une des stations thermales tout particulièrement étudiée par Raulin est Châtelguyon, au nord de l'Auvergne.

Voici ce qu'écrit notre inspecteur des eaux minérales au sujet de Pouges « On doit considérer les eaux de Pouges comme purgatives, et en même temps comme calmantes, rafraichissantes, tempérantes, et propres dans les cas d'agacement et d'irritation dans les fibres nerveuses et dans les fièvres putrides, en les coupant avec du petit-lait, de l'eau de veau, ou bien avec des tisanes ordinaires. Les eaux de Châtelguyon conviendraient mieux pour de pareilles maladies que celles de Vichy ».

On peut s'étonner que Raulin ne dise rien des eaux des Pyrénées. Certaines de ces stations étaient déjà connues.
On raconte qu'après la bataille de Pavie, Henri d'Albret, le grand- père d'Henri IV, avait conduit ses troupes aux Eaux-Bonnes, pour y soigner ses blessés d'arquebuses. De ce fait, le village des Eaux-Bonnes fut longtemps appelé « Eaux d'Arquebusades ».

Nous terminerons cette chronique en mentionnant que Joseph Raulin, après une vie de labeur consacrée à la science et à la médecine, mourut loin de sa Gascogne, le 12 avril 1784 à Paris.