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Jean de Silhon, conseiller du roi et membre de l’Académie Française.

La dernière réunion de l'Académie Française, et surtout la candidature d'une femme, ont ramené l'attention sur cette docte institution plusieurs fois centenaire.

A ce propos, nous allons raconter la vie de Jean de Silhon qui, né Sos en 1596. fut un des premiers académiciens. Il occupa le trentième fauteuil. A ce sujet, nous signalerons que, parmi les écrivains originaires de l'actuel département de Lot-et-Garonne il n'y a eu seulement que deux académiciens. Le second est Antoine de Malvin de Montazet, archevêque de Lyon et primat de France. Ce prélat était né en 1713, au château de Quissac, près de Prayssas.

On ne sait à peu près rien de l'enfance et de la jeunesse de Silhon. Toujours est-il qu'il partit de bonne heure pour Paris où il devait faire une brillante carrière dans le monde de l'administration, de la diplomatie ainsi que dans celui des lettres.

Néanmoins, sesdébuts furent difficiles. Cependant, en 1626. Jean-Louis Guez de Balzac publie, dans son recueil de « Lettres », une préface apologétique de Silhon adressée au cardinal de Richelieu. Cette même année 1626, notre jeune Gascon fait paraître son premier livre. Il avait pour titre : « Deux vérités, l'une de Dieu, l'autre de l'Immortalité de l'âme ». Ce livre est un ardent plaidoyer contre l'athéisme.

Peu de temps après la publication de ce livre, Silhon commence à devenir le protégé et le collaborateur du cardinal de Richelieu qui lui confia plusieurs missions diplomatiques.

En 1631, Silhon fait paraître « Ministre d'Etat » qui sera son œuvre principale et lui vaudra une brillante réputation. Ce livre eut de nombreuses éditions, n fut notamment réimprimé en 1639, à Leyde en Hollande, chez les Elzévirs. La même année, une traduction en italien sortait des presses d'un imprimeur de Venise.

Citons quelques phrases de ce remarquable ouvrage : « Un excellent ministre est une marque de la fortune d'un prince et l'instrument de la félicité d'un Etat. L'art de gouverner reçoit un grand secours de l'étude. La connaissance de la morale est nécessaire. Celui qui commande doit être meilleur que celui qui obéit. »

Après la publication de « Ministre d'Etat », la situation de Silhon s'améliore notablement. Il devient Conseiller du Roi.

C'est en 1634 que Jean de Silhon fut désigné, comme membre de l'Académie, que Richelieu venait de fonder. Il collabora avec Nicolas Faret, comme lui nouvel académicien, à la rédaction des statuts. Ensuite il fut le premier à proposer le projet d'un dictionnaire.

Il intervenait fréquemment dans les débats académiques. On a notamment gardé le souvenir de « la Comédie des Académistes ». Il s'agissait de proscrire de la langue française les conjonctions comme or, car, etc. Silhon s'y opposa énergiquement et obtint gain de cause. A ce propos, Ménage a écrit :
« Grâce à Silhon...
Et d'autres à nous inconnus,
Ces mots ont été maintenus.

A la mort de Richelieu, Silhon continua sous Mazarin se fonctions de conseiller du Roi et de secrétaire. Ainsi, pendant près de 20 ans, il suivra Mazarin dans toutes ses pérégrinations.

Au moment de la Fronde, lorsque parurent, contre Mazarin, les pamphlets connus sous le nom de « Mazarinades », Silhon prit la défense de son ministre et écrivit les « Eclaircissements sur quelques difficultés touchant l'administration du Cardinal Mazarin ».

Sur ces entrefaites, notre auteur fit paraître « De la certitude des Connaissances humaines » où sont expliqués les fondements de la morale et de la politique.

A la mort de Mazarin (1661), Silhon se trouva sans appui. Cela prouve son désintéressement et montre la droiture de son esprit et la grandeur de son caractère.

C'est seulement en 1665, qu'il fut compris sur une liste de personnes pensionnées.

Travailleur infatigable, Silhon préparait une Histoire contemporaine, lorsqu'il mourut en janvier 1667. Il était âgé de 71 ans. Peu après, Guy Patin, son contemporain, écrivait : « Il est mort un savant homme qui parlait bien. C'est le bon Monsieur de Silhon ». Ce fut toute l'oraison funèbre de notre académicien. En effet, Colbert qui lui succéda à l'Académie fut dispensé, à cause de sesoccupations, du discours de réception. A cette époque, les ministres ne badinaient pas avec les devoirs de leur charge.

Vingt ans plus tard, Bayle écrit que : « Silhon a été un des plus solides et des plus judicieux auteurs de son siècle ».