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La guerre de Saint-Sardos évoquée par un romancier.

L'affaire de Saint-Sardos (1323-1325) qui se situe tout au début de la malencontreuse guerre de Cent Ans, est restée, pendant longtemps, l'apanage d'auteurs s'occupant d'histoire locale ou régionale.
En 1954, un Anglais Pierre Chaplais, du Wadham College d'Oxford, a publié, sous l'égide de la Société Royale d'Histoire, un livre de près de 300 pages sur cette guerre de Saint-Sardos, en anglais The War of Saint-Sardos.

Nous avons en son temps donné un compte rendu de ce livre aux lecteurs du Petit Bleu ». Nous n'y reviendrons pas.

Maintenant, en 1964, un romancier, Maurice Druon, dans un roman historique, « Les rois maudits», en six volumes a, dans le tome V, qui porte pour sous-titre « La louve de France », consacré un passage à ce que l'auteur appelle le sac de Saint-Sardos ».

Mais reproduisons quelques lignes de ce livre : « Enfin de bonnes nouvelles arrivèrent d'Aquitaine. Le sénéchal du roi d'Angleterre en Guyenne, messire Basset, d'autant plus sourcilleux sur son autorité que son nom prêtait à rire, commença à s'inquiéter de la forteresse qui s'élevait à Saint-Sardos. Il y vit une usurpation des droits de son maître le roi d'Angleterre, et une insulte à sa propre personne. Ayant réuni quelques troupes, il entra dans Saint-Sardos à l'improviste, mit la bourgade au pillage, appréhenda les officiers chargés de surveiller les travaux et les pendit aux poteaux qui signalaient par leurs panonceaux à fleurs de lis la suzeraineté du roi de France sur cette dépendance. Messire Ralph Basset n'était pas seul dans cette expédition ; plusieurs seigneurs de la région lui avaient prêté main-forte.

« Robert d'Artois, le jour qu'il en fut informé, alla quérir aussitôt Mortimer et l'entraina chez Charles de Valois. Il débordait de joie et de fierté, monseigneur d'Artois ; il riait plus fort que de coutume et donnait à ses familiers d'amicales tapes qui les envoyaient rebondir contre les murs. Enfin l'on tenait l'occasion, née de son inventive cervelle ! »

Maintenant, pour être complet, Il nous faut raconter l'histoire de la femme que Druon surnomma  « la Louve de France ».›.Il s'agit d'Isabelle de France, née en 1293, fille de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. Elle épousa à Boulogne, le 25 janvier 1308, le futur Edouard II qui sera le neuvième roi d'Angleterre.

Dès le début du mariage, Edouard II qui était faible et peu intelligent, délaissa sa femme pour ses favoris. Au nombre de ceux-ci, il y avait les Despencer, le père et le fils. Ils appartenaient à une vieille famille anglaise. Un ancêtre des Despencer avait débarqué en Angleterre avec Guillaume le Conquérant.

Il est aussi curieux de constater qu'un autre favori du roi était un Gascon, Pierre Gaveston. Ce dernier était insolent et orgueilleux. Les barons se soulevèrent contre lui et le firent exécuter.

Cependant un fils qui devait être le futur Edouard III naquit à Windsor en 1312.

Pour en revenir à l'affaire de Saint-Sardos. Charles IV, roi de France, n'ayant pu obtenir les réparations auxquelles il croyait avoir droit, chargea son oncle, Charles de Valois, d'occuper la Guyenne et le Poitou, ce qui fut fait.

Sur ces entrefaites, pour essayer d'arranger les choses, Isabelle partit pour la France voir son frère Charles IV. Ses démarches aboutirent à ce que Edouard II cédât à son fils son titre de duc de Guienne et de comte du Pontieu. Et le futur Edouard III rendit hommage au roi de France le 14 septembre 1325.

Pendant son séjour en France, Isabelle fit la connaissance et prit pour amant Roger Mortimer, baron de Wignore, qui s'était sauvé de la Tour de Londres, après y avoir été enfermé pour s'être révolté contre Edouard II.
Par ses intrigues, Isabelle réussit à faire abdiquer Edouard II. Son fils fut proclamé roi sous le nom d'Edouard III. Quant au roi déchu, on l'envoya comme prisonnier au château de Berkeley. Il y mourut, en 1327, d'une mort atroce, empalé par ses gardiens.

Le pouvoir fut exercé, pendant deux ans, par Isabelle et Mortimer. En 1330, Edouard III, excédé de la tyrannie de Mortimer, se révolta contre lui, le fit arrêter et mettre à mort. Enfin, le jeune roi exila sa mère au château de Hertford, où elle mourut en 1358.