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Un bien curieux quatrain.

En feuilletant de vieux livres, il est possible que l'on trouve le quatrain suivant :
Si tenté du démon
Tu dérobes ce livre,
Apprends que tout fripon
Est indigne de vivre.

Au temps jadis les livres étaient chers. Aussi il n'est pas bizarre que l'on cherche à éviter leur chapardage.

Mais ce quatrain possède une histoire. Nous allons la raconter, elle le mérite. Tout d'abord on peut se demander à quelle date sont apparus ces quatre vers. Il est assez difficile de le déterminer avec exactitude, très probablement au XVIIe ou XVIIIe siècle.

Au Moyen-âge on trouve sur les livres de la célèbre abbaye du Mont Saint-Michel l' « ex libris » ci-après :
Ce livre appartient à saint Michel,
Si quelqu'un le dérobe
Qu'il soit anathème.

Par ailleurs, il y a des variantes, en voici l'une d'elles
Si tenté du démon
Tu dérobes ce livre,
Apprends que tout fripon Est indigne de vivre
Car ce livre est le mien
Comme la France est au roi.
La France est ma nation
Comme Un tel est mon nom. »

Le texte du quatrain qui nous occupe s'allonge une autre fois. Nous en reproduisons un d'entre eux qui est précédé d'un croquis représentant un bonhomme se balançant à une potence. Le tout est accompagné d'un texte mi-français, mi- latin :
« Adspice Pierrot pendu
Qui librum n'a pas rendu
Si librum n'a pas rendu
Pierrot pendu non fuisset
Hujus si cupeas dominum [cognoscere
Inferis respice, nomen ad est.

Que nous pouvons traduire : Regarde Pierrot pendu qui n'a pas rendu ce livre. Si le livre avait été rendu, Pierrot n'aurait pas été pendu. Si tu désires savoir mon nom, regarde en enfer, il y est.
On peut lire aussi sur l'air de Au clair de la lune » :

A bas la clochette, voce sinistra [(voix sinistre)
Qui a toujours répété : piger labora (paresseux, travaille)
Et si l'on réplique subito presto
Vive les vacances designo tandem (enfin)
Les pénitences habebunt finem (prennent fin)
Les pions intraitables
S'en iront au diable, gaudio nostro (pour notre joie).

Quant au propriétaire d'un livre prêté, voici ce qu'il écrit :
« Ce livre m'appartient, je prie celui ou celle qui le trouvera de me le remettre
« Si c'est à la Saint-Jean Il aura du flan
Si c'est à la moisson
Il aura du jambon
Si c'est à la Saint-Luc Il aura du suc(re)
Si c'est à la Saint-Martin Il aura du boudin. »

Avant de terminer, disons un mot du prêt de livre. A ce sujet, Norbert qui était bibliothécaire à Paris, a écrit : «Tel est le triste sort de tout livre prêté. Souvent il est perdu, toujours il est gâté. »
Nous trouvons, pour notre part un peu trop sérieux ce que Norbert a écrit. On pourrait se contenter de dire : parfois il est gâté.