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Un maître d'école émérite: Philippe Pradelle.

Il y a quelque temps, lors de l'inauguration du groupe scolaire de Prayssas, il a été question des classes au temps présent et ce qu'elles seraient dans l'avenir, niais on n'a pas dit ce qu'elles avaient été dans le passé. Nous allons le faire.

En novembre 1836, Philippe Pradelle fut nommé instituteur à Prayssas. Ce jeune homme était âgé d'une vingtaine d'années. Il avait fait ses études pédagogiques l'Ecole normale d'Agen. Il y était entré avec le numéro un qu'il conserva, ce qui est assez rare, jusqu'à sa sortie. Ceci montre la régularité que Philippe Pradelle portait l'étude.

En arrivant à Prayssas, le nouveau maitre trouva sa classe installée au rez-de-chaussée de l'ancien château des seigneurs de Prayssas. Aussi Philippe Pradelle sut décider la municipalité à construire une nouvelle école. On choisit pour la bâtir, l'extrémité des allées Sainte- Anne. Il y avait à l'époque, à cet endroit, une petite chapelle dédiée à sainte Anne. Et puis, sur ces allées se trouvaient de superbes arbres plus que centenaires. C'est là que le nouvel instituteur de Prayssas créa un pensionnat susceptible de recevoir des internes. Les élèves étaient seulement des garçons. Ce pensionnat devint vite très prospère. Ainsi Philippe Pradelle enseigna à Prayssas durant 44 ans.

Une innovation dans l'enseignement de ce maître d'école fut de s'occuper de questions agricoles. C'est ainsi qu'en 1868 parut, en librairie, un gros volume de quelques 400 pages dont le titre était « Cours l'agriculture à l'usage des écoles primaires ». Il y avait trois grandes parties : la production des plantes, la production des animaux et l'économie rurale. Ce gros volume fut un peu plus tard condensé en un cours élémentaire.

Dans la préface à ce dernier ouvrage, Philippe Pradelle écrivait : « Puissé-je, par cette publication rendre des services à l'enseignement public auquel j'ai consacré ma vie et que j'ai tant aimé! ».

Toute sa vie, Pradelle avait manifesté une fébrile activité. A titre d'encouragement, il reçut de nombreuses récompenses. Lorsqu'il prit sa retraite, en 1886, le gouvernement lui décerna la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

Au point de vue familial, Philippe Pradelle eut un fils prénommé Gaston. Après avoir fait des études classiques au lycée d'Agen, Gaston Pradelle s'inscrivit à la faculté de droit de Toulouse. Après avoir obtenu sa licence, le jeune Pradelle se fit inscrire au barreau d'Agen. Néanmoins, par atavisme paternel, il professa un cours de législation au lycée Bernard-Palissy.

En justice, Me Pradelle était bien le défenseur de la veuve et de l'orphelin et l'on ne comptait plus le nombre d'acquittements qu'il avait fait obtenir. Avec cela il avait fait une voix de stentor sonore et vibrante.

De plus, Me Pradelle était un peu spécialisé dans les discours de distribution des prix, inaugurations de monuments. Certains de cesdiscours furent reproduits dans la presse agenaise.

En 1888, Gaston Pradelle publia une brochure sur Gambetta. Cette brochure portait en frontispice les trois mots : liberté, patrie, république. Nous en citerons la dernière phrase : « Que le souvenir de ce grand républicain et de ce grand patriote nous réunisse dans une commune pensée : la concentration républicaine pour la défense de la République et de la Patrie ! »

Après avoir lu ces lignes, on ne sera pas étonné de savoir que Gaston Pradelle ait fait de la politique. Il fut, en effet, conseiller d'arrondissement et. Maire de Prayssas. Un moment même, il eut l'intention de se présenter aux sénatoriales.

Nous noterons, enfin, qu'un élève de la pension Pradelle conquit une certaine notoriété dans le pays de Prayssas.Il s'agit de Frédéric Roumanés. Il embrassa la profession de charpentier et s'y perfectionna -au point de faire imprimer des « Leçons de traits ». Mais piqué par la tarentule poétique, il publia, en 1869, en langue d'Oc, « Las Prumeros Ideyos », poèmes, quatrains et rondeaux dédiés à a jeunesse prayssassaise.