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La guerre de cent ans a commencé en Agenais au cours de l’année 1323.

Un historien anglais, M. Chaplais, vient de publier un livre très documenté sur les débuts de la guerre de Cent Ans. Dans son livre, qui a pour titre « La Guerre de Saint-Sardos », en anglais, « The Ward of Saint-Sardos » (1323-1325), Chaplais considère que cette guerre de Saint-Sardos est bien le prélude de la Guerre de Cent Ans et en fait partie.

Au préalable, pour comprendre ce qui suit, il nous faut indiquer qu'en 1152, Eléonore d'Aquitaine, après avoir été répudiée par Louis VII, roi de France, et avoir vu son mariage annulé par le concile de Beaugency, s’était remariée avec Henri Plantagenet, qui devait devenir roi d'Angleterre. Elle apportait à ce second mari dans sa corbeille de noces, les deux provinces de Guyenne et de Gascogne ainsi que le comté de Poitiers. De ce fait, les habitants de ces trois Provinces passèrent sous la domination anglaise.
Néanmoins, par application du droit féodal, Henri II, roi d'Angleterre était le vassal du roi de France et devait rendre à ce dernier, tous les cinq ans, l'hommage.

Revenons la guerre de Saint-Sardos. Elle débuta le dimanche 16 octobre 1323. Ce jour-là, devaient être érigées à Saint-Sardos les armes du roi de France, à l'endroit où devait être construite une bastide pour protéger le prieuré que l'abbaye bénédictine de Sarlat en Périgord possédait dans cette localité. Le dimanche précité, un groupe d'hommes d'armes fit irruption par surprise dans Saint-Sardos, massacrant de nombreux habitants, brûlant plusieurs maisons dont l'église du prieuré. Les assaillants, à la solde des Anglais, venaient du château de Monpezat-d’Agenais qui est à peine à une lieue de Saint-Sardos. Leur commandant était Bernard Raymond, seigneur de Montpezat. Il jouait ce que l'on a appelé le « double jeu », tantôt pour les Anglais, tantôt pour les Français. Chaplais ajoute que Bernard Raymond n'avait pas toujours été un modèle de docilité pour les officiers anglais de la Guyenne.

Le sénéchal français du Périgord avisa de suite le roi de France de l'affaire de Saint-Sardos. Des poursuites judiciaires furent intentées à la requête du roi de France, contre les fonctionnaires anglais que l'on soupçonnait d'être responsables des massacres de Saint-Sardos, notamment contre Raoul Basset de Dayton, sénéchal du roi d'Angleterre àBordeaux. Ceux-ci refusèrent de comparaître. Alors Charles IV se fâcha. Il donna l'ordre à Pierre de Galard, grand- maître des arbalétriers, de saisir et d'occuper le château de Montpezat.

Pour obtenir la paix, la reine Isabelle, femme d'Edouard II, sœur de Charles le Bel partit pour la France. Ceci se passait en mars 1325. Quelques mois après, il était convenu qu'Edouard II céderait tous ses titres sur la Guyenne, la Gascogne et le Poitou à son fils, le futur Edouard III et que celui-ci serait substitué à tous les droits et devoirs de son père. C'est ainsi qu'il rendit hommage au roi de France.