Chroniques:

Histoire de France;
Histoire du Pays de Prayssas;
Actions militaires;
Littérature, poésie;
Personnages;
Agenais;
Evènements;
Quotidien;
Religieux;
Paysages;

 

 

 



 
 

Un promoteur dela petite histoire: Georges Lenôtre.

Georges Lenôtre était né au château de Pépinville, près de Metz, en 1857. Le pseudonyme de Lenôtre lui venait d'une de ses grands-mères maternelles qui était la dernière descendante d'André Lenôtre qui avait été le dessinateur des allées du château de Louis XIV à Versailles.

Lenôtre vint de bonne heure à Paris et, quoique Lorrain de naissance il devint rapidement le plus parisien des Parisiens.

Il se spécialisa vite dans l'histoire. A la première série de ses livres, il donna la souscription de
« Paris Révolutionnaire ». C'est ainsi que débuta sa remarquable collection de « Vieilles maisons, vieux papiers ».

Ouvrons-en le premier volume. Le premier titre est : « Le Roman de Camille Desmoulins ». Citons-en les toutes premières lignes : « Un fouillis de toits d'ardoises, de cheminées fumantes, de jardinets, et, tout en haut, la robuste tour du vieux château coiffée d'un comble pointu, voilà Guise ». La description de plus en plus détaillée suit. Ce n'est que deux pages plus loin que Lenôtre écrit « C'était Camille Desmoulins ».

En allant plus loin dans la lecture du livre nous trouvons : Mademoiselle de Robespierre. Certains de nos lecteurs seront étonnés d'apprendre que la famille Robespierre portait la particule.

Mais revenons au travail de Lenôtre. Il raconte qu'il a trouvé en fouillant les archives d'un notaire parisien, le testament de Marie, Marguerite, Charlotte de Robespierre. Elle mourut à Paris, longtemps après ses frères, en 1834.

Maintenant il est, croyons-nous intéressant de prendre connaissance du chapitre -dont le titre est « La brouette de Couthon ». Comme on le sait le conventionnel Couthon était cul de jatte. Voici ce que nous apprend Lenôtre à ce sujet : « Au cours d'une équipée galante, dérangé par un mari jaloux, il avait passé toute une nuit, caché jusqu'au cou dans un puisard plein d'eau. Il en était sorti à l'aube guéri de l'amour des aventures, mais perclus pour la vie ».

Cela ne l'empêcha pas de devenir un homme politique important et d'être assidu aux séances de la Convention. Mais revenons à la fameuse brouette. En fait celle- ci était plutôt un chariot. Celui-ci pouvait se manier avec les bras et les mains. Et par un effort de volonté Couthon se faufilait un peu partout.

Ce premier volume « Vieilles maisons, vieux papiers » fut suivi de cinq autres d'un égal intérêt. Notre auteur écrivit bien d'autres livres, tous plus ou moins relatifs à la période révolutionnaire. A ce propos, nous citerons : La captivité et la mort de Marie-Antoinette, Le drame de Varennes, Le roi Louis XVII et l'affaire du temple, La Mirlitantouille, les noyades de Nantes.

Entre temps, se souvenant qu'il était né sur la frontière allemande et qu'il avait vu les deux guerres de 1870 et de 1914, Lenôtre publie : « Prussiens d'hier et de toujours ».

En ce qui concerne les persécutions religieuses qui eurent lieu sous la Révolution, Lenôtre les étudia dans deux livres : Les massacres de septembre et La maison des carmes.

En plus de son travail livresque, Lenôtre se mit à faire du journalisme. Il débute au Figaro en 1880. Peu de temps après, sa signature parut à la revue Deux Mondes. En 1882, le Monde Illustré l'adopte comme collaborateur régulier. Le Temps lui ouvre sescolonnes en 1898. Ses articles y paraissent tous les samedis. Ils portent le titre général de la Petite Histoire, et en sous-titre, la Révolution par ceux qui l'on vue. Citons-en quelques-uns : Guillotin ou la machine à décapiter, le sommeil de Siéyés (il mourut à 88 ans), le curé de Conteville qui prêta le serment civique et fut député à la Législative. Le succès de ces articles était si grand que les jours où ils paraissaient on devait augmenter le tirage du journal.

Enfin Lenôtre porta la Petite Histoire au théâtre. C'est ainsi qu'il fit jouer successivement Colinette, Les trois glorieuses, Varennes, Les grognards. Ces pièces obtinrent un certain succès.

En terminant cette chronique, nous indiquerons que Georges Le- nôtre, après une vie de travail incessant, quitta ce monde le 7 février 1935. Il avait 78 ans.