La Masse de Prayssas;
La démographie de la vallée;
le village de Cours;
Prayssas;
Frégimont; l'église de Gaujac;
La famille Dumas, au Peyrot de l'Homme;
Bazens et son prélat;
Laugnac;
Lusignan-Petit et Mélusine;
Clermont-Dessous.

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Clermont-Dessous

Clermont-Dessus sera la dernière étape de notre voyage. Cette localité est divisée en deux parties : celle qui est dans la plaine de la Garonne et celle qui se trouve sur le promontoire et de ce fait domine les deux vallées de la Garonne et de la Masse.

Le monument principal de ce que nous nommerons le village d’en haut en est l’église qui date de la fin du 11° siècle. Elle est toute bâtie en pierre de taille et a beaucoup d’allure. Les peintres l’ont souvent reproduite sur leurs toiles. L’unique rue du village ne manque pas de pittoresque. On lui a donné le nom de rue de la brèche. De l’esplanade qui se trouve à droite de l’église, on a un panorama grandiose. La vue s’étend au loin, sur la rive gauche de la Garonne. De là, on découvre une grande partie de la Gascogne. Au mois d’avril c’est un véritable enchantement de couleurs roses présentées par des milliers de fleurs de pêchers qui donneront, quelques mois plus tard, des fruits succulents.

Après avoir donné nos impressions personnelles, nous évoquerons celles de Georges Tholin qui datent de la fin du siècle dernier : « De toutes les places fortes agenaises riveraines de la Garonne, Clermont-Dessus est celle qui a le plus conservé sa physionomie ancienne. Elle s’étage sur les assises croulantes de ses remparts. Quelques cyprès, en pyramide, surmontent de leurs aigrettes vertes la montagne aux tons clairs » Clarus Mons ! « C’est un paysage presque oriental qui attire les regards de tous les voyageurs ». Ainsi, Georges Tholin vient de nous parler de Clermont, place forte. Il nous faut ajouter quelques détails :

Au moyen âge, le promontoire de Clermont était un marquisat. On a conservé les noms de quelques-uns de ces seigneurs. Aux 14° et 15° siècles, les Lamotre qui étaient aussi seigneurs de Bruch et propriétaires dans le Brulhois ; pendant la guerre de Cent ans, ils prirent le parti des Anglais. A la fin du 15° siècle, les Ferrand, au 16°, les Benguet, les Péticle, les Monorgon et les Rémefay. Au 17°, les Narbonne, au 18°, les Chapt de Rastignac.

On guerroya toujours beaucoup autour de Clermont. Durant la seconde moitié du 14° siècle, Clermont fut pris par les Anglais et repris par les français. En 1580, les protestants tentèrent sans succès, de surprendre le château pour enlever l’héritière. Au 17° siècle, un seigneur de Clermont fut tué dans un combat, à Pellegrue en décembre 1621. Pendant la Fronde, en 1652, la ville reçut une garnison agenaise sous les ordres du capitaine Dauban.

Après avoir retracé l’histoire de Clermont, pour être complet, il nous faut relater que la culture du chasselas, en Lot et Garonne serait partie de Clermont Dessous.

Voici ce que l’on peut lire, à ce sujet, dans le « Lot et Garonne économique », brochure parue en 1919 : « L’origine de la culture du chasselas est rattachée, par la tradition locale, à une circonstance fortuite. Vers 1840, un vigneron de Clermont Dessous, occupé pendant l’hiver, à dégager les bordures de son champ, rencontra sous sa serpe un cep sauvage dont le bois inconnu attire son attention. Nouveau Noë, il eut la curiosité d’en planter quelques boutures dans sa vigne ; la création d’un vignoble était chose aisée en ce temps là. Celles-ci, poussèrent et produisirent un raisin blanc, dont le grain, le goût et la forme étaient entièrement nouveaux. Un panier fut confié au batelier de Bordeaux et obtint sur le marché un succès. Encouragé, notre vigneron multiplia ses plants par tous les moyens : boutures, provignage et accrut sa production. Le bruit de cet évènement rural se répandit vite et chacun de ses voisins lui demanda des rejetons de ce cep précieux. Ainsi aurait été introduit la culture du chasselas ».

J’ai fini. Je serais heureux si, au cours de ces quelques instants, j’ai réussi à vous faire mieux connaître cette vallée de la Masse et ce pays de Prayssas auquel je suis attaché par tant de liens d’affection et tant de souvenirs familiaux.