La Masse de Prayssas;
La démographie de la vallée;
le village de Cours;
Prayssas;
Frégimont; l'église de Gaujac;
La famille Dumas, au Peyrot de l'Homme;
Bazens et son prélat;
Laugnac;
Lusignan-Petit et Mélusine;
Clermont-Dessous.

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La Masse de Prayssas

La récente découverte d’une source d’eau chaude à proximité de Prayssas, dans la vallée de la Masse, a appelé l’attention sur ce petit cours d’eau. Aussi, allons-nous entreprendre l’étude de cette région, au point de vue géographique et historique.

Constatons d’abord qu’il y a, en Lot-et-Garonne, deux rivières appelées « Masse ». La première coule autour et dans Agen, avant d’aller se jeter dans la Garonne, près du pont canal. La seconde, celle qui va nous occuper, est dénommée « La grande Masse » ou « Masse de Prayssas ».

Masse, en langue d’oc, veut dire ruisseau. Précisons que ce radical me semble se transformer en langue d’oïl en Meu. C’est ainsi que nous avons la Meuse, le grand fleuve qui coule dans le Nord de la France, la Belgique et la Hollande. Et, chose curieuse, dès que cette Meuse rentre en Hollande, elle devient en Néerlandais « De Maas » (De étant l’article), s’écrivant Maas. Toujours avec le radical « meu », nous avons la Meurthe. Enfin, le troisième cours d’eau de cette région : La Moselle, semble avoir quelque parenté linguistique avec Meuse. Les romains, en effet, appelaient la Meuse « Mosa », et de Mosa, on a du faire, en français : Moselle et, en Allemand, Mosel, ce qui voudrait dire « petite Meuse ».

Mais revenons à la Masse de Prayssas. Elle prend sa source dans le canton de Villeneuve-sur-Lot, à un endroit appelé Lacène, dans la commune de Sembas, puis elle arrive dans le canton de Prayssas où elle coule d’est en ouest pour traverser, ensuite, la partie sud du canton de Port-Sainte-Marie et se jeter finalement dans la Garonne, en amont du Port, après un cours d’une trentaine de kilomètres.

Au point de vue habitation, aucun village n’est dans la vallée. Ils sont tous un peu en retrait de celle-ci, sur la hauteur. Pourtant, il semble que dans la vallée, il aurait fait moins froid l’hiver. Mais il y aurait eu davantage d’humidité. C’est cette dernière considération qui a du jouer. Quant aux métairies, elles sont, elles aussi, sur les coteaux. Les cultures sont, surtout des céréales, avec des prairies plantées de peupliers. Par crainte de gelées printanières, les plantations d’arbres fruitiers et des vignes de vin et de raisin de table sont situées sur les coteaux. Signalons également, qu’à la source de la Masse, où l’arrosage est facile, il y a des cultures de petits pois et de haricots verts.

Autrefois, à cause des difficultés de transport, les céréales récoltées dans le pays devaient se moudre sur place. Aussi, il y avait sur les bords de la Masse quantité de petits moulins, doublés , en cas de pénurie d’eau, par des moulins à vent. Il y a une trentaine d’années, ces moulins travaillaient encore. Ils traitaient des céréales secondaires. L’activité de ces moulins est, à présent, complètement arrêtée. Les petits travaux de mouture se font avec des concasseurs électriques.

Le climat de notre vallée est le même que celui de l’ensemble du département. En toutes saisons, il souffle souvent des vents violents. Au printemps, les gelées matinales sont à craindre. L’été, des orages avec chute de grêle sont également à redouter. Il est vivement à souhaiter qu’on arrive à combattre les orages avec des moyens appropriés autres que les contrats d’assurances. Il y a aussi, parfois, des inondations qui coupent les routes traversant la vallée, principalement celle qui relie Prayssas à Agen.

Autre détail intéressant, la source de la Masse est à 215 mètres d’altitude, en arrivant à son embouchure avec la Garonne, elle est à 40 mètres, soit une déclivité de 175 mètres.

Des affluents de la Masse, un seul mérite d’être cité. C’est le Roubillou, autrefois réputé pour ses écrevisses. Dans cette petite vallée, il y a une source assez abondante « Foncaude », fontaine chaude. Un moment, il avait été question de la capter pour alimenter Prayssas en eau potable.

Mais revenons à la découverte de la source d’eau chaude (32°) à Néguenou. Elle permet d’envisager de nouvelles perspectives de culture dans la vallée de la Masse, tout d’abord celle indiquée par M. Villepigue, Directeur des services agricoles de Lot-et-Garonne, de construire en bordure de la source, des serres qui seraient chauffées avec l’eau chaude de la source, ce qui permettrait une culture intensive des primeurs pendant l’hiver. Ensuite, la régulation du débit du cours inférieur de la Masse servirait à l’irrigation et faciliterait la culture, avec des possibilités d’arrosage par motopompes, des primeurs dans toute la vallée.

Ces derniers mois, le conseil municipal de Prayssas a voté un projet de création dans la vallée de la Masse, en amont de la source, d’un lac artificiel et touristique de 20 hectares.

Mais au moment où nous rédigeons ce travail, rien n’a été fait pour organiser la station de pompage. On a donc perdu dix mois. Cela est bien regrettable.

Pendant l’été 1966, une nouvelle source a été trouvée à Nougaro, dans le Gers, à 450 mètres de profondeur et avec une température de 42°. Les gersois ont été plus heureux que les habitants de Prayssas auxquels on n’a voulu donner aucun détail sur la source de Néguenou… Pour notre part, nous réprouvons ce malthusianisme scientifique. Le savant n’a pas le droit de garder pour lui le résultat de ses découvertes. C’est ainsi qu’on leur a révélé qu’il y avait au dessous de Nougaro une véritable mer souterraine avec une hauteur d’eau de 70 mètres. Cette mer s’étendrait des Pyrénées au Massif Central et d’Albi à l’Atlantique et couvrirait quelques 17000 km² (La Dépêche du Midi du 27 septembre 1966).

Avant de clôturer, il nous faut indiquer que le réseau routier de la Masse est actuellement très convenable. Un chemin vicinal longe le cours de la Masse tout le long de la vallée tandis qu’une route de crête court sur le coteau de la rive gauche entre Laugnac et Clermont-Dessous. Sur la rive droite, une autre route relie Prayssas, Frégimont et Bazens.