La Masse de Prayssas;
La démographie de la vallée;
le village de Cours;
Prayssas;
Frégimont; l'église de Gaujac;
La famille Dumas, au Peyrot de l'Homme;
Bazens et son prélat;
Laugnac;
Lusignan-Petit et Mélusine;
Clermont-Dessous.

.
 
 

Frégimont, l'église de Gaujac.

Plus en retrait sur le coteau, se trouve la commune de Frégimont. On y remarque son château. Voici ce qu’à écrit notre secrétaire-adjoint, M. Burias, dans sa brochure des châteaux du Lot –et-Garonne : « Frégimont possède un château du XVIII° siècle restauré par la municipalité. Le vieux château des Montpezat, datant du 13° siècle ayant été détruit et remplacé par cette élégante construction. Certaines de ses pièces sont encore ornées de boiseries et cheminées de l’époque ».

Nous ajouterons que la baronnie de Frégimont, dont le siège était dans ce château avait été érigée en comté par lettres patentes de Louis XIII, en faveur de Messire Honorat de Montpezat, l’un des mignons d’Henri III, capitaine des fameux 45, immortalisés par le roman d’Alexandre Dumas, et qui fut l’un des assassins du duc de Guise, au château de Blois, le 23 décembre 1588.

Avant de quitter la commune de Frégimont, il nous faut aller rendre visite à la petite église de Gaujac. Cette église est la plus ancienne du diocèse d’Agen. D’après Georges Tholin qui fut, à la fin du siècle dernier, un archiviste très averti des questions archéologiques de notre Ageanis, l’église de Gaujac serait du XI° siècle et, peut-être, même du 10°. Ainsi cette église aurait été construite avant Saint Sernin de Toulouse et Notre Dame de Paris qui sont de la fin du 11° et du 12° siècle.

Lorsqu’on arrive à l’église de Gaujac, on est surpris, après avoir traversé le petit cimetière, où, depuis plus d’un millénaire dorment tant de morts, par la sculpture du portail. On y trouve deux bandeaux de billettes avec des archivoltes dont le cintre est légèrement surbaissé. A l’intérieur de l’église, deux chapiteaux sont décorés de palmettes et de feuilles en volutes. Toutes ces sculptures sont rudimentaires et dénotent l’enfance de l’art roman. Aussi, convient-il de rendre hommage à ces imagiers inconnus qui, dans une campagne aussi reculée que celle de Gaujac, embellissaient nos édifices religieux.

Mais la principale curiosité de l’église de Gaujac est sa chaire à prêcher. Celle-ci se trouve dans le chœur à droite, c’est-à-dire du côté de l’épître. Cette chaire est monolithe. Un seul bloc de pierre la compose. Elle a sûrement été mise en place lors de la construction de l’église.

La chaire de Gaujac permet de régler un point d’histoire. On a, en effet, soutenu que les églises romanes n’avaient pas de chaire et que celles-ci n’apparurent en France et en Italie qu’au 16° siècle. La chaire de Gaujac donne un démenti formel à cette théorie.

Au sujet de Sainte Rafine, la patronne secondaire de l’église de Gaujac, dont la fête serait, d’après le Poullié du chanoine Durenges, le 17 juillet, la patronne principale étant N.D. de septembre, c’est-à-dire le jour de la nativité de la Vierge (8 septembre), on ne trouve aucune trace dans les dictionnaires de « vies des saints ». les Bollandistes eux-mêmes sont muets sur ce sujet.

Aussi, on peut se demander si Sainte Rafine n’est pas une déformation de Sainte Rufine, qui fut martyre, à Séville, sous Dioclétien, avec Sainte Juste, sa compagne et amie. Un tableau des deux saintes se trouve dans la cathédrale de la grande cité andalouse où on peut l’admirer.

Depuis plusieurs années, l’église de Gaujac supporte mal les injures du temps. Il y a plus de 60 ans, la sacristie s’est effondrée. Il y a une quinzaine d’années on a effectué quelques réparations des plus urgentes, notamment à la toiture. En 1958, un éboulement dans le mur du chœur a écrasé l’autel. La municipalité a fait porter, pour le remplacer, l’autel d’une autre église en ruines, Saint Barthélémy.

Ces temps derniers, nous avons appris avec plaisir que de nouvelles réparations étaient entreprises à l’église de Gaujac. Des bulldozers ont notamment dégagé la terre qui entourait une partie de l’église, principalement côté nord.